- Voici donc une petite
et humble synthèse pour expliquer les origines
de ce mouvement musical....
Je pourrais en écrire des pages car le sujet est
vraiment vaste: en fait, c'est l'origine de toute
la musique noire américaine...
Le
Rythm'n'Blues...? Quelques mots d'explication...
Le sujet est vaste car il s'agit là de décrire
ce qui fut, en fait, le départ de la musique
noire afro-américaine.
- Tout d'abord, les origines du nom: ce mot fut
inventé par Jerry Wexler en
1947, dans un article du Bilboard Magazine. Jerry
Wexler fut ensuite très connu pour avoir été
un important producteur chez Atlantic
Records
.
Aretha
Franklin et Jerry Wexler
Le
Rythm'n'Blues deviendra ensuite la Soul
Music bien que l'appellation "Rythm'n'Blues"
n'a jamais disparu, elle a même traversé les
décennies, MAIS ne confondez pas avec l'actuel
R'n'B qui désigne un nouveau genre
découlant plus du rap et du hip-hop...
- Le
Rythm'n'Blues prit naissance, dans le
sud des Etats-Unis, fin des années trente
mais se développa surtout dans les années
d'après-guerre :
c'est un mélange de jazz, de blues
et de gospel.
C'est dans les églises, le dimanche, que l'on
trouve ceux qui allaient devenir les pionniers du
genre...
Certains étaient fils ou fille de Pasteur comme Aretha
Franklin ou Otis Redding,
d'autres officiaient eux-mêmes en tant que
ministre du culte dans leurs églises comme Salomon
Burke ou Al Green.
Ces pionniers se sont mis à chanter des textes
profanes sur des bases de Blues en utilisant de
plus en plus un langage argotique, métaphorique
sur des rythmes plus marqués.
Le Rock'n'Roll tire lui-même
ses origines du Rythm'n'Blues : des groupes comme
les Rolling Stones, par exemple,
reconnaissent souvent avoir été influencés par
cette musique.
Certains
musiciens noirs sont d'ailleurs reconnus comme
chanteurs "rock" avant l'explosion du
genre:
parmi eux, Chuck Berry, Chubby
Checker ou Fats Domino.
Le Rythm'n'Blues fut la traduction de l'identité
de la population noire américaine, joué
uniquement par des musiciens noirs: c'est
pour cela que les blancs l'appelaient "race
music".
- Cette musique vit le jour
dans le sud des USA mais le nord l'adapta afin qu'elle
soit admise et appréciée par les blancs:
Détroit et Philadelphie furent des foyers
importants de cette transformation, dans les
années 60 avec Motown, dans les
années 70 avec, notamment, Philadelphia
Records.
Berry Gordy, fondateur de Motown,
comprit très vite qu'il fallait que les blancs
aiment cette musique pour qu'économiquement, son
"affaire" marche !!!! Aussi créa-t-il,
dans sa maison de disques, des départements
chargés de "formater" ( et oui, déjà...)
ses artistes: costumes, coiffure, maintien,
élocution, tout était analysé pour que ces
artistes noirs plaisent à la population
blanche...
Mais le
label qui a le plus contribué à l'avènement du
Rythm'n'Blues est sans conteste Atlantic
Records et son patron, Ahmet
Ertegun, turque d'origine (mais aussi
Stax Records qui faisait partie du groupe
Atlantic).
Quelques noms seront plus
éloquents que de longues phrases : the
Drifters, Aretha Franklin,
Otis Redding, Sam &
Dave, Eddie Floyd, Salomon
Burke, the Clovers,
Ray Charles, Ben E. King,
Percy Sledge, Wilson Pickett,
Archie Bell mais aussi Booker
T, Isaac Hayes, Rufus
Thomas, the Staple
Singers.....

-
Pour Motown : the
Supremes, the Temptations,
Stevie Wonder, Marvin
Gaye ou the Four Tops...
- Pour ce qu'on appela le "Philly
Sound", the Stylistics,
the O'Jays, MFSB,
Billy Paul, Teddy
Pendergrass, the Three Degrees...
sans oublier Chicago avec le
fameux Curtis Mayfield, Major
Lance, Billy Butler...
- Enfin, n'oubliez pas que le Rythm'n'Blues est
à la base de tout ce que vous avez pu entendre
par la suite...
le Disco ( qui n'est pas français, comme
certains musicologues le prétendent...), la
Dance des années 80, Madonna, Prince ou même
des années 90 comme Paula Abdul, Bobby Brown...
Bruno
Hantson pour Mitchell-City

Otis
Redding et Eddy
Eddy
a repris des standards du Rythm'n'Blues :
But it's
all right Quelqu'un
a dû changer la serrure de ma porte... (1968)
Shes
looking good Elle
me voit beau (1968)
Hold on I'm
coming Ordonne
mais pardonne (1968)
Get it
together
Quitte à tout perdre (1968)
Take a
letter Maria Envoie
la lettre Maria (1969)
Hard to
handle
Otis (1969)
Patches Cash
(1971)
Tell it
like it is Dis-toi
ça
existe
(1991)




|